Suite vie économique 4.
Une économie souterraine.
La violence pour l'argent.
L'économie des maras est fondée sur une seule et même chose : le crime !
Ça passe des vols qualifiés, aux les vols d'automobiles, à la vente de stupéfiants (cocaïne, marijuana, héroïne et méthamphétamine ), au cambriolage, à la contrebande d'armes, au détournement de voitures, à l'extorsion, au meurtre, au viol, voir l'intimidation de témoins, ou encore la vente illicite d'armes à feu et les voies de fait graves .
Le crime organisé.
Le crime organisé génère des profits, mais il a également des coûts. La Banque interaméricaine de développement les évalue à 168 milliards de dollars, ce qui représente 25% du PIB de certains pays comme le Salvador et la Colombie et se paye en morts, blessés, dommages à l’infrastructure et difficultés pour le commerce international. La relation entre le crime organisé et les inégalités a également été soulignée, puisque celui-là prive l’État de ressources fiscales et que les maillons les plus puissants des réseaux s’approprient une grande partie de la rente. Cependant, une analyse économique complète devrait prendre en compte, au-delà de l’indignation morale qu’il peut soulever, son impact économique sur la société, comme cela a déjà été fait dans les Balkans. Des études y ont montré comment les diverses activités illégales ont revitalisé des économies au point mort et ont même permis d’élaborer des réponses pragmatiques à de vrais besoins, l’investissement dans l’éducation et la santé dans le Kosovo dévasté a ainsi été financé avec les revenus du crime organisé.
Comment le crime organisé est-il organisé? Pour le narcotrafic c'est surtout l'image des cartels comme les maras qui ressortent que ce soit au San Salvador ou au Honduras. Par ailleurs, il est également indispensable de connaître les relations entre le crime organisé et la politique ou l’État dans chaque cas. À la différence des anciens pays communistes, où la croissance du crime organisé a profité de la déstructuration des États, en Amérique latine le crime organisé ne s’est pas développé dans les pays où l’État était le plus faible, mais où les institutions sont bien développées. On a expliqué ce phénomène par le fait que le crime organisé a besoin des règles de l’économie licite pour le développement de sa logistique et la sécurisation de ses finances.
Enfin, la forte présence de ces enjeux dans l’espace public au cours des dernières décennies a immanquablement marqué la production culturelle. On a tout d’abord relevé l’impact du narcotrafic sur l’esthétique et l’architecture de certaines villes (surtout en Colombie). De même, la production culturelle a tenté de comprendre et de créer un langage pour aborder ces questions, comme le montre la dénommée « littérature du sicaire » en Colombie, les films traitant de ce thème à Hollywood, au Brésil et au Mexique, les telenovelas, et, au Mexique et parmi les chicanos des États-Unis, les narcocorridos (que certains dénoncent comme une apologie du narcotrafic et d’autres considèrent comme une sorte de dénonciation). Bref, peu de dimensions de la vie sociale en Amérique latine ont été épargnées par le crime organisé – ou tout au moins par les discours et les images qui s’y rapportent.
Le narcotrafic est un marché (c’est-à-dire là où l’offre rencontre la demande de narcotiques) qui a les dimensions d’une entreprise transnationale et dans lequel l’Amérique latine occupe une position compliquée : elle a, en face, le principal consommateur de drogue au monde, les États-Unis. Ainsi, la région dans son ensemble participe à toutes les phases de l’activité : la production, le trafic et la consommation au sein de marchés locaux de taille variable. Dans leur totalité, les chiffres de l’économie de la drogue sont considérables. L’Organisation panaméricaine de la santé a calculé un échange de 600 milliards de dollars ; selon les sources américaines, 400milliards de dollars annuels.

Le marché de la drogue a subi de profondes transformations ces dernières années suite aux conséquences du plan Colombie et au renforcement du contrôle des frontières des États-Unis. Le Plan n’a produit ni une diminution de l’offre de cocaïne ni une augmentation des prix censée réduire la consommation. En revanche, il a provoqué un « effet ballon » : l’offensive sur un territoire et contre des acteurs déterminés a eu pour conséquence un déplacement de la culture et de la transformation vers d’autres territoires ainsi que le renforcement d’acteurs qui n’ont pas été la cible de la répression. Il en résulte, une augmentation du contrôle des cartels sur le transport et la vente de drogue aux États-Unis, et une diversification des routes d’accès aux États-Unis, avec l’incorporation de nouveaux pays (comme ceux des Caraïbes) dans le trafic en direction du Nord. Outre la voie aérienne, les types de transport et de camouflage de la drogue se sont diversifiés. La saturation du marché nord-américain, les difficultés croissantes pour traverser la frontière, la hausse de l’euro et la possibilité d’utiliser des ports africains peu surveillés comme base de leurs opérations ont renforcé l’attractivité du trafic vers l’Europe occidentale et orientale.
Le trafic d'armes est aussi l'un des pratiques des maras, sachant qu'au San Salvador les armes ne sont pas chères du tout par exemple en El Salvador, une grenade à main se vend entre 1 et 2 $US et un fusil M-16 se vend entre 200 et 220 $US. Les maras ont des contacts qui leur permettent d'obtenir des armes de type militaire peu chères, et ça leur permet aussi d'établir un réseau de trafic illicite d'armes aux États Unis.
Autre trafic des maras : l'exportation d'automobiles volées, des États-Unis vers l'Amérique du Sud. Ces automobiles sont souvent échangées contre de la drogue lorsque la MS fait affaire avec des cartels. On estime que 80% des automobiles en El Salvador ont été volées aux États-Unis. Le vol de voiture est un commerce lucratif pour les maras.